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Descriptif
Détaillé
Mentionné dans le « De viris inlustribus » de Jérôme, mais découvert seulement au XIXe siècle, dans un manuscrit lacunaire, le « Traité des Mystères » est un précis d'exégèse typologique, allégorique et figurative, à l'usage des prédicateurs et peut-être des fidèles du lVe siècle. Il n'a pas l'ampleur des commentaires exégétiques d'Hilaire sur les Psaumes ou sur Matthieu, et sa concision le rend parfois obscur ; mais il s'inscrit dans la tradition interprétative de la pédagogie divine qui naît avec saint Paul et se développe chez Irénée, Tertullien, Cyprien et bien sûr Origène. Entreprise synthétique novatrice, il constitue une sorte de point de jonction entre l'exégèse traditionnelle dans toute sa simplicité et l'exégèse savante d'Orient ou d'Occident.
À travers une sélection de passages de la Genèse et de l'Exode dans le livre I, l'évocation de Rahab éclairée par les textes d'Osée sur sa femme prostituée dans le livre II, Hilaire cherche le sens spirituel des figures de tout l'Ancien Testament, grâce à la « clef » que donne le Nouveau : l'essentiel de la Révélation est déjà présent dans les écrits vétérotestamentaires ; sous la variété des figures, ils annoncent le Christ et son Église, dans la réalité de leur incarnation, dans leur dimension glorieuse ou mystique. Le travail de l'exégète sera donc de dévoiler la lettre pour lire l'histoire des patriarches et du peuple juif comme « figure du futur », mettant ainsi en lumière l'unité des desseins éternels de la Sagesse divine à travers l'histoire entière de l'humanité.
L'auteur : Hilaire de Poitiers 315 - 367
4e siècle
«Tout ce que nous savons d'Hilaire, évêque de Poitiers, concerne la controverse arienne, et nous le reprenons de ses œuvres. On suppose qu'il naquit au début du IVe siècle, et occupa le siège épiscopal de Poitiers vers l'an 350. De certains passages de ses écrits - surtout du prologue du «De Trinitate» -, on a coutume de déduire qu'il était de famille païenne et qu'il embrassa le christianisme par dégoût de la perspective d'une vie adonnée aux plaisirs, et à cause des contradictions des philosophes, après avoir été illuminé par la lecture de la Bible. mais il ne s'agit là que de topiques, dépourvus de valeur autobiographique.
Nous le rencontrons pour la première fois en 356, au concile de Béziers, convoqué peu après celui de Milan (355), au cours duquel les évêques d'Occident cédèrent à la pression de Constance et des coryphées ariens occidentaux, et signèrent la condamnation d'Athanase. Hilaire, qui avait rompu la communion avec de tels rebelles, fut pour cela mis en cause à Béziers, et, comme il persistait dans son attitude antiarienne, il fut déposé et exilé en Phrygie. Ces années d'exil en Orient furent décisives pour la formation culturelle et doctrinale d'Hilaire. Il put y connaître les œuvres des écrivains chrétiens de langue grecque, en particulier celles d'Origène, qui exercèrent sur lui une profonde influence, dissipant les derniers résidus matérialistes qu'il avait contractés à la lecture de Tertullien, et le convertissant au spiritualisme platonicien. De son propre aveu, Hilaire pâtissait, avant son exil, d'un manque de familiarité avec la complexité de la controverse arienne, dû à sa formation théologique. Il eut en Phrygie des contacts avec les homéousiens, nettement majoritaires en Asie Mineure et, grâce à ces contacts, il acquit une connaissance approfondie de l'arianisme. Il se convainquit en particulier de l'importance des points suivants : 1) que la position concrète du problème dans un sens orthodoxe exigeait de maintenir les distances non seulement par rapport à l'arianisme mais aussi par rapport au danger opposé, c'est-à-dire le monarchianisme sabellien, ce dont l'Occident avait peu conscience ; 2) que la théologie nicéenne, retranchée derrière l'«homoousion», n'était pas la seule alternative valable que pouvaient opposer les orthodoxes aux ariens, étant donné sutout le soupçon de sabellianisme que suscitait en Orient le terme «homoousios», rendant acceptable la solution homéousienne dans son ensemble. Ces deux principes fondamentaux, pratiquement nouveaux pour les Occidentaux, sont les clés des œuvres qu'Hilaire rédigea en exil : le «De trinitate» et le «De synodis».
Il intervint au concile de Séleucie avec le groupe homéousien (septembre 359). Pendant son exil, il put jouir de sa liberté de mouvement, qui était en revanche niée aux autres Occidentaux qui partageaient son sort, comme Eusèbe de Verceil et Lucifer de Cagliari. Le concile une fois terminé, des délégués homéousiens et ariens se rendirent à Constantinople pour communiquer à Constance leurs résultats. Hilaire fit aussi le voyage, et c'est là, vers la fin de l'année, que lui parvint la nouvelle de l'hésitation, devant les pressions de l'empereur, des évêques occidentaux réunis à Rimini, et de leur acceptation d'une formule (dite de Rimini) qui pouvait être qualifiée de proarienne. Peu après, on lui permit de retourner dans sa patrie, sans pour autant adhérer à cette profession de foi.
Lorsque Hilaire revint en Gaule, le pays était passé sous le gouvernement de Julien l'Apostat, dont la neutralité dans la controverse arienne favorisa le retour des antiariens, qui étaient sans soute les plus forts dans cette région. Hilaire fut accueilli triomphalement, et il fut l'âme du concile qui se célébra à Paris en 361, au cours duquel il parvint à faire prévaloir une ligne modérée sur le plan doctrinal et disciplinaire : on adopta une position dogmatique compatible aussi bien avec l'orientation des homoousiens qu'avec celle des homéousiens, et on résolut de ne condamner que les chefs de file de l'arianisme occidental, faisant montre en revanche de compréhension et d'indulgence envers les nombreux évêques qui, à Rimini ou ailleurs, avaient dû de force adhérer à l'hérésie. De cette manière, les Gaules se libérèrent rapidement des séquelles de l'arianisme, et donnèrent aux évêques des autres régions un exemple d'équilibre et de modération qui se répandit rapidement partout.
Nous trouvons encore Hilaire à Milan en 364, aux côtés d'Eusèbe de Verceil, pour tenter d'écarter l'évêque arien Auxence de l'important siège épiscopal milanais, qu'il occupait depuis 355. Mais il n'y parvint pas, et reçut l'ordre de retourner chez lui. Nous ne savons rien de plus d'Hilaire, sinon que, d'après Jérôme, il mourut en l'an 367.
Sa production littéraire comprend des œuvres doctrinales, à l'appui de son action politique, ainsi que des œuvres exégétiques. Il ne dédaignait pas non plus la poésie. Une grande partie de ses œuvres nous est parvenue.»
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